J’avais besoin d’un titre accrocheur pour te parler d’un sujet qui me tient un petit peu à coeur. Pratique naturopathique utilisée depuis la nuit des temps dans différentes cultures, le jeûne est aujourd’hui devenu un phénomène de mode pas toujours bien maitrisé.

Tu peux en entendre parler de partout, à la télévision, dans les magazines et dans les livres dédiés à ce sujet. J’avais envie de t’expliquer pourquoi exactement cette pratique peut être vraiment chouette et pourquoi néanmoins j’ai décidé de ne pas la pratiquer.

C’est parti !

Pourquoi le jeûne est une pratique merveilleuse ? 

Tu t’attendais peut-être à un article contre le jeûne mais ce n’est pas le cas. Cette technique de plus en plus pratiquée à travers le monde comporte de nombreux avantages et en tant que future naturopathe je ne vais pas t’affirmer le contraire !

Il permet tout d’abord de mettre le système digestif au repos, ce qui permet de régénérer la paroi intestinale et de redistribuer l’énergie non utilisée à d’autres organes. Cela permet également d’éliminer les déchets par le principe d’autolyse du corps : autodigestion des tissus par l’organisme pour récupérer les nutriments, en choisissant en priorités les tissus abimés et morbides. C’est aussi une technique utile pour detoxifier l’organisme notamment en passant par des crises curatives douces ou plus difficiles en fonction de la force vitale disponible. Enfin, ce processus permet au corps de s’auto-régénérer une fois le surplus éliminé et l’énergie mieux distribuée dans tout l’organisme.

Qu’est-ce qui se passe dans ton corps à ce moment là ?

Pendant les 4 premières heures, ton corps peut supporter une absence d’alimentation et de glucide sans problème. En leur absence et au bout de ce laps de temps, il va chercher ces derniers stockés dans le corps au niveau du foie et muscles, pour pallier à l’hypoglycémie.

Très rapidement afin de survivre, ton organisme va ensuite enclencher une neo-glycogenese hepatique, ce qui signifie un déstockage des lipides par le foie pour en faire des glucides nécessaires à son fonctionnement. C’est pour cela que si tu as peu de tissus lipidiques, tu perdras plus rapidement tes muscles et protéines.

Il est également important de comprendre que le foie joue un rôle essentiel lors du jeûne, il est mis à rude épreuve et doit être en forme car la neo-glycogénese lui demande beaucoup de travail et engendre une création d’acide cétonique, pouvant alors déclencher des « crises d’acétone » plus ou moins fortes, qui peuvent parfois nécessiter l’arrêt du jeûne.

Une fois les 48 ou 36 premières heures passées  (ce sont généralement les plus difficiles) le corps s’acidifie de plus en plus, il est donc important de bien s’oxygéner afin de pallier à l’hypoglycémie et éviter les douleurs articulaires, d’où l’importance d’une activité physique douce (marche, yoga douxe, Qi Gong…) pour bien éliminer les acides par les reins (que tu dois aussi avoir en bonne santé !).

Dans quel cadre faire un jeûne ? 

Si tu n’habites pas dans une grande ville, que tu es déjà bien renseigné, que tu manges déjà sainement et que tu es bien au fait des éventuelles crises curatives, tu peux « éventuellement » le pratiquer chez toi, tranquillement. Je dis bien éventuellement car je préconise toujours de le faire dans un cadre spécifique et encadré. Lors d’une retraite « jeûne et randonnée » par exemple ou dans un centre naturopathique avec des praticiens de santé.

Le jeûne n’est pas quelque chose d’anodin à prendre à la légère, je te déconseille fortement de le faire plus de 48 heures (et encore…) en pleine semaine de travail, enfermé chez toi en ville ou pendant une phase de stress ou d’activité intense. Afin de profiter de l’expérience autant moralement que physiquement, le cadre reste essentiel !

De plus, afin de le faire correctement, il est primordial de pratiquer une descente alimentaire en amont et une reprise en douceur, de s’accompagner de purges, de lavements et de douches intestinales. Ce sont des techniques qui permettent au corps de vivre le jeûne plus facilement et efficacement. Difficile donc de le faire chez soi si on ne maitrise pas tout cela.

Qu’est-ce qu’une crise curative ? 

Lors du jeûne, le travail du foie, des surrénales et des reins peuvent engendrer des réactions dites « normales » au niveau des différents émonctoires de notre corps, c’est ce que l’on appelle des crises curatives : haleine chargée, sueurs et urines fortes, peau grasse, baisse de tension légère et de température, temps de sommeil diminué, étourdissements, hypoglycémie, gazs, spasmes et diarrhée possible, maux de tête légers et fausse faim.

Néanmoins certaines crises curatives sont à surveiller et peuvent nécessiter l’arrêt du jeûne : maux de tête persistants, boutons, eczéma, douleurs articulaires, rhume, toux grasse, fièvre, leucorrhées, règles trop abondantes, émotions fortes, nausées, spasmophilie ou encore vomissements.

Quand doit-on stopper un jeûne ? 

Une crise curative trop violente n’est pas à prendre à la légère et peut te mettre en danger. Voici les signes qui peuvent t’alerter : insomnies de plus de 2 nuits, évanouissements répétés, urine trop faible, crise de tétanie, maux de tête intenses et haleine très forte, impossibilité de marcher ou de te tenir debout, hallucinations, arythmie rebelle (le coeur qui s’emballe) et si ta tension artérielle est en dessous de 8.

Si tu n’es pas certains de ces signes, je t’invite vivement à contacter ton naturopathe ou un praticien de santé naturelle au fait de cette technique.

Quelles sont les contre-indications ? 

Il y a des contre-indications logiques dû au fait du peu de force vitale disponible à l’organisme pour jeûner : bébé, femme enceinte, sous-vital (fatigue),  insuffisance rénale, diabétique, malade, grand déprimé, anorexie et tension artérielle inférieure à 8, etc.

Il existe également des contre-indications relatives, or c’est sur ces dernières que j’avais envie d’insister : grande fatigue, maigreur, trouble du comportement alimentaire (présent ou passé), grand sportif, convalescent, calculs rénaux, tension artérielle entre 8 et 10 et les plus de 60 ans.

J’insiste sur ces points car comme je vais t’en parler dans le paragraphe suivant, l’envie de tester le jeûne, de profiter de cette technique dont tout le monde parle et de detoxifier ton organisme peut parfois passer au dessus des contre-indications relatives et pourtant importantes pour ne pas mettre ta santé en danger.

Pourquoi ce n’est pas pour moi (et peut-être pas pour toi) ?

Il y a 3 raisons pour lesquelles je ne veux pas jeûner pour le moment. La première et la plus importante pour moi concerne mes anciens troubles alimentaires. En effet lors de mon adolescence je suis passée par une phase de boulimie, je me remplissais pour compenser mon mal-être et jusqu’à l’année dernière j’avais gardé cette angoisse du « manque ». J’ai réussi à rééquilibrer mon alimentation grâce à la patience, la naturopathie et à une bienveillance personnelle au fil du temps. Mais je ne suis pas prête à me priver de nourriture pendant une semaine car j’ai toujours cette appréhension de savoir si cela ne me provoquera pas de nouvelles peurs liées au « manque ».

La deuxième raison ce sont mes reins. Je fais des cystites depuis très jeune et j’ai la « capacité » à uriner que très peu de fois dans une journée. On ne s’est pas vraiment penché sur la question de savoir s’il s’agissait d’une vessie simplement trop petite ou de reins paresseux mais je sais que cet historique et ces traumatismes liés aux cystites ne me donnent pas envie de jeûner pour le moment.

Enfin la dernière raison est que je ne me sens tout simplement pas prête. Après mon syndrome il y a bientôt 2 ans, j’ai encore souvent des douleurs au dos, au bras, je ne me suis pas mise à pratiquer assez de sport et je suis parfois vite fatiguée après un effort (de plus ma tension se situe globalement autour de 11 et tombe rapidement en dessous de 10 si je suis faible).

Je préfère donc me laisser le temps de retrouver un équilibre et une force vitale suffisante pour pouvoir pratiquer et un vivre un jeûne avec joie et bonheur.

Quelles sont mes pratiques alternatives ? 

En attendant je préfère les monodiètes, les cures de jus, les jeûne bref telle qu’une soirée ou une matinée, pour habituer mon corps à fonctionner avec peu. Ces techniques utilisées fréquemment peuvent être aussi salvatrices pour l’organisme qu’un jeûne drastique tous les ans.

Si j’avais envie de te parler de cela c’est pour t’inviter à comprendre tes propres mécanismes, tes besoins et à ne pas faire quelque chose par « devoir » mais bien par envie et dans le respect de ton corps. Commencer par manger sainement, diminuer l’alcool, le sucre et tous les autres conseils pour une alimentation saine, sera tout autant bénéfique pour ta santé, ton bien-être et ton équilibre.

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Si la pratique du jeûne t’intéresse je t’invite vivement à prendre rendez-vous avec un naturopathe afin d’évaluer ta force vitale et de t’accompagner au mieux dans cette aventure de santé.

J’espère que cet article t’aura été utile. N’hésite pas à partager ton témoignage ou à me poser es questions en commentaire je serai ravie d’y répondre 🙂

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